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Suicide et burn-out

Suicide et burn-out
Suicide

Nous vous proposons dans cet article de revenir sur les souffrances liées au milieu professionnel et sur ses conséquences parfois dramatiques qui peuvent conduire au suicide.

Le suicide : un fait de société

En 1897, Durkheim propose une réflexion sur le suicide et en conclut qu’il est un fait social et qu’il est nécessaire pour le comprendre d’en découvrir les facteurs sociaux. Nous pouvons alors interroger la souffrance au travail dans notre société et déterminer si elle est un facteur aggravant dans le passage à l’acte suicidaire.

Le chômage et le suicide

Récemment, un rapport de l’association Solidarités nouvelles face au chômage (SNC) indique que le taux de mortalité est plus élevé chez les personnes en recherche d’emploi ; cela représente entre 10 et 14 000 décès par an.

Le rapport précise que les suicides sont plus nombreux chez les chômeurs et que l’absence de travail augmente considérablement les souffrances psychiques.

D’autres données récentes, européennes notamment, nous montrent que depuis que nous traversons cette crise économique et financière de 2008, l’augmentation des taux de chômage dans les différents pays s’accompagne d’une augmentation des taux de suicide.

Ainsi, nous pouvons en conclure que l’absence d’activité professionnelle est donc un facteur de risque important.

Les souffrances liées aux conditions de travail

Les souffrances psychiques et les risques suicidaires sont également présents dans le milieu du travail. Depuis plusieurs années,les professionnels de la santé tirent la sonnette d’alarme en évoquant les syndromes d’épuisement professionnel (burn-out, de bore-out, etc.) qui dans les cas les plus graves entrainent le suicide des salariés.

Le suicide ne touche pas toutes les catégories socio-professionnelles, les études sur le sujet indiquent que ce sont notamment les ouvriers, les employés et les agriculteurs sont plus à risque de suicide que les cadres et les professions supérieures.

Un élément qui est plus intéressant encore et à creuser : le niveau de qualification bas est associé à un risque suicidaire plus élevé.

Qu’en est-il du syndrome d’épuisement professionnel ?

Depuis quelques années le terme « burn-out » s’est démocratisé dans la presse et les médias, mais depuis 2017 la situation a légèrement évolué.

En mai 2017, la HAS (Haute autorité de santé) s’est positionnée sur le sujet en incitant les médecins généralistes, les psychologues et les professionnels de la santé à réaliser un diagnostic pour identifier le burn-out chez les salariés.

Mieux identifier les signes du burn-out permet d’offrir une meilleure prise en charge médicale et psychologique.

Toutefois, le syndrome d’épuisement professionnel n’est toujours pas référencé dans les manuels de diagnostic relevant du champ de la psychiatrie, aucune mention n’est faite dans le DSM-5 ni dans la CIM-10.

Quels sont les symptômes du burn-out ?

Brièvement, pour définir l’existence du burn-out il faut relever la présence :

  • d’une sensation d’épuisement émotionnel
  • d’une grande fatigue physique et morale
  • d’un sentiment de dépersonnalisation
  • d’une dépréciation importante de soi (dévalorisation, idées négatives, pessimisme, etc.)

Il est fréquent d’associer le burn-out à un épisode dépressif, mais il est bon de rappeler que le syndrome d’épuisement professionnel et la dépression sont deux entités cliniques distinctes qu’il est important de différencier.

Consulter un psychologue pour sortir du burn-out

Selon des sondages sur la souffrance au travail des professionnels de santé (médecins et infirmiers), 100% présentent des signes de fatigue physique et psychologique, 50% d’entre eux ont déjà connu une période de burn-out et le taux de suicide y est 2,5 fois plus élevé.

Ainsi, le chômage, l’absence de reconnaissance à son travail, le harcèlement d’un employeur sur son employé, la perte de sens de son activité professionnelle ou le surmenage peuvent générer un état d’épuisement professionnel.

Si aucune prise en charge n’est proposée au salarié en souffrance, les risques de passage à l’acte suicidaire sont majorés. C’est pourquoi il est primordial de prendre en compte les signes de l’épuisement professionnel et d’en parler à son médecin généraliste qui pourra poser un diagnostic.

L’étape suivante consistera à consulter un psychologue pour prendre du recul et pour poser des mots sur la souffrance endurée dans le milieu professionnel. Cet espace de parole permettra à la personne de se reconstruire progressivement et d’entrevoir d’autres solutions pour diminuer le mal-être lié à son travail.

 

 

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